Ce n’était pas une réunion de planification.

Le Premier ministre Sifi Ghrieb s’est assis le 25 mai 2026 pour couper le souffle. Le gouvernement a examiné l’état d’avancement de la Stratégie nationale d’intelligence artificielle, qui paraît grandiose sur le papier mais s’avère délicate dans le code, et a donné son feu vert à la mise en ligne du portail Dzair.

Ce n’est pas de la théorie. C’est le déploiement.

Les six piliers en mouvement

L’Algérie a construit sa stratégie d’IA autour de six piliers. Recherche, compétences, infrastructures, applications sectorielles spécifiques, investissement, gouvernance des données. Ils sont actuellement en cours d’exécution sur chacun d’eux.

Une stratégie à six piliers ne fonctionne que si vous les suivez réellement.

Le pays a un atout majeur à jouer ici. Le système éducatif met l’accent sur l’informatique, produisant 74 programmes de maîtrise en IA dans 52 universités. Il s’agit d’un vivier de talents nationaux qui atteint enfin une taille qui mérite d’être évoquée.

52 Prestations. Une seule connexion.

Et puis il y a Dzaïr.

Après des mois de tests, le portail a surmonté le gant de sécurité. L’Agence de sécurité des systèmes d’information (ASS) l’a vérifié sous la surveillance du ministère de la Défense nationale, et il a été adopté. Entre mars et avril, plus de 1 700 citoyens ont utilisé la version pilote. Pas de déplacements dans les bureaux du gouvernement. Juste un téléphone ou un ordinateur portable.

Maintenant, c’est prêt.

Cinquante-deux services sont immédiatement mis en ligne. État civil, justice, santé, titres fonciers, solidarité sociale. La plateforme consolide ce qui était autrefois des îlots bureaucratiques fragmentés en un seul point d’entrée. Vous obtenez une identification numérique, soutenue par le ministère de l’Intérieur. Vous obtenez un portefeuille électronique pour conserver les documents que vous téléchargez. Cela ressemble moins à un site Web qu’à une identité.

Meriem Benmouloud et son Haut-commissariat à la numérisation ont construit ce projet dans le cadre de la stratégie de transformation numérique 2025-2030, et pour la première fois depuis longtemps, cela fonctionne réellement.

Le paradoxe des talents

Voici le problème.

L’Algérie se démarque en matière scientifique. Plus de 57 000 étudiants étudient CS. Les chercheurs locaux font partie des 2 % les plus performants au monde. Le pays se classe parmi les cinq premiers pays africains en matière de publications scientifiques.

Alors pourquoi tout le monde n’en parle-t-il pas davantage ?

Parce que le talent a besoin de matériel. La stratégie d’IA est confrontée à des lacunes en matière de puissance de calcul. La préparation des données est à la traîne. L’investissement n’est pas encore là. Les origines de cette stratégie en 2019 ont évolué grâce à une révision majeure en 2022 pour devenir ce que nous voyons aujourd’hui, conseillée par un Conseil de l’IA dédié. Le test n’est plus de savoir qui est intelligent, mais de savoir s’ils peuvent transformer cette intelligence en infrastructure.

Si les serveurs ne sont pas évolutifs, les masters ne sont que des certificats. Si les données restent verrouillées, les applications restent vides.

Ils ont lancé le portail. Ils ont esquissé les piliers.

La vraie question n’est pas de savoir si l’Algérie sait écrire du code.

Il s’agit de savoir s’ils peuvent construire les canalisations pour le transporter.